**Catégories :** Actualité, Pétrole, Gaz **Étiquettes :** Égypte, Pharos Energy, forage, El Fayoum, North Beni Suef **Extrait :** Pharos Energy a repris le forage en Égypte avec un programme de six puits et un investissement annoncé de 11 millions de dollars. Le règlement de ses créances par l’État égyptien améliore la visibilité financière, mais les résultats dépendront du succès des puits et de leur raccordement rapide à la production. **Slug :** egypte-pharos-energy-forage-six-puits-investissement-2026 **Image alt :** Installation de forage pétrolier dans le désert occidental égyptien.
Pharos Energy intensifie ses opérations en Égypte avec un programme de six puits et une enveloppe d’investissement annoncée de 11 millions de dollars pour 2026. La campagne couvre les actifs d’El Fayoum et de North Beni Suef, dans le désert occidental. Le groupe britannique avait repris le forage en juin avec le puits Silah 8-2, marquant le retour des travaux après une période de ralentissement de l’activité.
Cette relance intervient après l’amélioration des encaissements dus à la société par l’Égypte. Pharos indique avoir reçu 12,6 millions de dollars au cours de l’année, ce qui a ramené ses créances égyptiennes à jour pour la première fois depuis l’acquisition de ses actifs en 2019. La régularisation des paiements et la reprise des investissements créent une base plus favorable, mais la performance future dépendra de la production obtenue et de l’exécution du programme.
Six puits pour soutenir la production
Le premier puits du programme, Silah 8-2, a été foré à partir du 4 juin. Il s’inscrit dans le développement du champ de Silah, sur le bloc d’El Fayoum. La campagne comprend également des opérations sur North Beni Suef, où les données sismiques et les travaux d’interprétation ont permis d’identifier de nouvelles cibles. Le programme doit contribuer à maintenir la production et à tester des zones susceptibles d’ajouter des volumes.
Un programme de forage ne garantit pas un accroissement de la production. Chaque puits doit rencontrer des réservoirs exploitables, être complété puis raccordé aux installations. Les débits initiaux peuvent évoluer au fil de la production, et les résultats commerciaux dépendent du coût de forage, de la qualité du pétrole et de la capacité de traitement en surface. Le groupe doit donc trouver un équilibre entre exploration, développement et travaux sur les puits existants.
Pharos a annoncé qu’un second appareil de forage serait mobilisé pour la suite de la campagne. L’usage de plusieurs appareils peut réduire la durée totale si les équipements, les équipes et les services sont disponibles. Il accroît aussi les besoins de coordination et de financement. La société devra publier les résultats successifs des puits pour permettre d’évaluer la contribution de la campagne aux volumes produits.
Des créances réglées, un cadre financier plus lisible
Les créances accumulées constituent depuis plusieurs années un enjeu pour les opérateurs en Égypte. Des retards de paiement peuvent limiter les budgets d’exploration, retarder la maintenance et obliger les entreprises à financer leurs opérations sur leurs propres liquidités. L’encaissement annoncé par Pharos réduit ce risque pour son portefeuille et améliore sa visibilité à court terme.
La société attribue cette évolution aux versements réguliers de la société pétrolière publique et au règlement de montants historiques, dans le cadre d’un dialogue avec les autorités. Un accord de concession consolidé pour les actifs égyptiens doit également harmoniser les modalités de développement et renforcer l’incitation à investir. La ratification et l’application concrète de ce cadre restent importantes pour garantir sa prévisibilité.
Le règlement des arriérés est un signal favorable pour les investisseurs, mais son impact dépendra de la régularité des paiements à l’avenir. Les producteurs ont besoin de flux de trésorerie stables pour engager les campagnes de forage et respecter les calendriers. Les autorités égyptiennes, de leur côté, cherchent à accroître la production nationale et à réduire les importations. La continuité de cette relation contractuelle est donc dans l’intérêt des deux parties.
Les résultats géologiques détermineront les retombées
Les actifs d’El Fayoum et de North Beni Suef se situent dans le désert occidental, une région où les infrastructures existantes permettent de traiter et d’acheminer la production. Cette proximité peut réduire les coûts par rapport à des zones sans installations, mais la rentabilité reste tributaire des volumes récupérables et des dépenses de développement.
Le puits Silah 8-2 et les cibles suivantes devront démontrer leur productivité. Les annonces sur l’activité de forage ne doivent pas être confondues avec des réserves confirmées ou une hausse acquise des volumes. Les résultats de tests, les taux de production stabilisés et les dates de raccordement offriront des indicateurs plus fiables.
Le budget de 11 millions de dollars constitue une enveloppe relativement ciblée pour un programme de plusieurs puits. Son rendement dépendra de la capacité à mutualiser les équipements, à limiter les coûts et à prioriser les cibles présentant le meilleur potentiel. Les dépenses doivent également intégrer les travaux de surface, l’électricité des installations et les éventuelles interventions sur les puits existants.
Un enjeu pour l’approvisionnement égyptien
L’Égypte cherche à soutenir sa production domestique d’hydrocarbures alors que la demande intérieure et les besoins électriques restent élevés. L’activité de Pharos est modeste à l’échelle du marché national, mais les petits projets et les interventions sur des champs existants peuvent contribuer à ralentir le déclin de la production. Leur intérêt est particulièrement important lorsque les infrastructures sont déjà disponibles et qu’un raccordement rapide est possible.
Le pays doit toutefois arbitrer entre les investissements dans les hydrocarbures et ses objectifs de diversification énergétique. La production locale peut améliorer la sécurité d’approvisionnement à court terme, tandis que l’efficacité énergétique et les renouvelables peuvent modérer la demande et réduire les importations sur le long terme. Une planification cohérente doit articuler ces horizons.
Les prochains mois permettront de mesurer l’effet de la campagne : résultats des puits, volumes raccordés, encaissements réguliers et respect de l’enveloppe de dépenses. Pour Pharos, le retour au forage en Égypte marque un changement opérationnel. Pour le pays, la valeur de cet effort dépendra de la production réellement obtenue et de la capacité à maintenir un cadre de paiement prévisible pour les opérateurs.
