La concurrence régionale conduit la Société africaine de raffinage à étendre son horizon au-delà de son marché historique. Pour la SAR, l’enjeu consiste désormais à développer une offre compétitive à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, tout en accompagnant l’évolution des besoins énergétiques du Sénégal.
Une concurrence qui se joue aussi dans les dépôts
Dans un article publié le 2 octobre 2026, il fait état des préoccupations du directeur général de la SAR, Mamadou Abib Diop, au sujet de l’expansion de Dangote dans les pays voisins. Il mentionne notamment des investissements annoncés en Gambie ainsi que des projets de dépôts en Guinée. D’après les sources consultées, ces derniers demeurent des projets rapportés, et non des installations dont la mise en service aurait été confirmée.
L’annonce concernant la Gambie appelle une précision. Le communiqué de la présidence, daté du 7 juillet 2026, associe l’engagement de 2 milliards de dollars à deux projets : une centrale solaire de 250 MW et des infrastructures de stockage de carburants. Ce montant ne saurait donc être présenté comme un investissement exclusivement consacré au raffinage. Le communiqué prévoit par ailleurs la conclusion d’accords, la réalisation d’études et la mise en place de structures d’exécution.
Le stockage apparaît comme un levier commercial essentiel : il peut rapprocher les produits des clients et renforcer la régularité des livraisons. La concurrence s’étend ainsi à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la transformation du brut à la distribution.
SAR2 : une ambition industrielle à convertir en réalisation
Le 23 septembre 2026, la Société africaine de raffinage (SAR) et la société turque Yamata ont conclu à New York un protocole d’accord visant à établir une seconde raffinerie et à moderniser l’installation existante. La nouvelle unité devrait avoir une capacité de 4 millions de tonnes par an, spécifiquement dédiée au traitement du pétrole brut extrait au Sénégal.
Cette initiative pourrait considérablement diversifier les opportunités commerciales de la SAR. Cependant, il est important de noter qu’un protocole d’accord, à lui seul, ne fournit pas d’informations sur la date de mise en service effective, les modalités de financement définitives ou les engagements d’achat des clients futurs. Un suivi rigoureux du projet sera nécessaire pour différencier les capacités annoncées des installations réellement opérationnelles.
Pour les acteurs du secteur, quatre facteurs clés seront déterminants : l’approvisionnement en brut, la gestion des coûts, la qualité des produits et l’accès aux marchés. Une augmentation de la capacité ne garantit pas nécessairement une compétitivité accrue.
Anticiper la transformation de la demande
Le passage projeté des centrales de SENELEC vers le gaz pourrait transformer les perspectives du fioul de la SAR. L’ampleur et le calendrier de cet impact nécessiteront une documentation approfondie ; il serait prématuré de conclure à une disparition immédiate de ce marché.
Pour la raffinerie, cela incite à analyser l’équilibre entre les différents produits, les exigences des secteurs des transports et de l’industrie, ainsi que les opportunités d’exportation. Ces marchés requièrent des infrastructures robustes et des relations commerciales solides capables de soutenir les volumes anticipés.
La valeur locale comme critère de performance
Pour les entreprises sénégalaises, les perspectives d’opportunités se situent dans des domaines tels que l’ingénierie, la maintenance, le transport et les services industriels. La réalisation de ces opportunités sera conditionnée par l’accès à des contrats, les qualifications requises et la structuration efficace des projets.
La réponse de la SAR face à la concurrence régionale devra être évaluée sur plusieurs axes : la fiabilité industrielle, la compétitivité commerciale et l’engagement des entreprises locales. Accroître la production est une étape cruciale ; cependant, l’objectif économique réside dans la capacité à fournir de manière durable des produits compétitifs tout en maximisant la valeur ajoutée au Sénégal.
