**Catégories :** Actualité, Énergie **Étiquettes :** Zambie, RDC, interconnexion électrique, Copperbelt, Trafigura **Extrait :** Un partenariat entre le fonds stratégique congolais, EnPower, Trafigura et Gridworks prépare une ligne de 200 kilomètres entre Kalumbila et Kolwezi. Le projet évalué à 300 millions de dollars pourrait importer jusqu’à 550 MW vers le Copperbelt congolais et renforcer les échanges régionaux d’électricité. **Slug :** interconnexion-zambie-rdc-electricite-copperbelt-300-millions **Image alt :** Ligne de transport à haute tension traversant le Copperbelt minier entre la Zambie et la RDC.
La République démocratique du Congo et la Zambie avancent vers la construction d’une nouvelle interconnexion électrique destinée à alimenter le Copperbelt. Le Fonds d’investissement stratégique de la RDC, Enterprise Power DRC, Trafigura et Gridworks ont signé un accord-cadre pour financer, construire et exploiter une ligne à haute tension d’environ 200 kilomètres entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, dans le sud-est congolais.
Le coût de construction est évalué à 300 millions de dollars. La ligne disposerait d’une capacité thermique de 700 mégawatts et pourrait acheminer jusqu’à 550 MW d’électricité vers la région minière congolaise. Sa conception permettrait une extension future à plus d’un gigawatt. Ces capacités annoncées décrivent le potentiel technique du projet ; l’électricité réellement livrée dépendra des contrats d’achat, de la disponibilité de la production et de la capacité des réseaux situés de part et d’autre de la frontière.
Un besoin énergétique lié au cuivre
Le Copperbelt concentre des activités majeures d’extraction et de transformation du cuivre et du cobalt. Les mines, les usines de traitement et les projets industriels ont besoin d’une alimentation électrique importante et régulière. Les pénuries ou les interruptions peuvent limiter la production, faire augmenter les coûts et retarder les investissements.
Une interconnexion avec la Zambie pourrait diversifier les sources d’approvisionnement et ouvrir l’accès à de nouvelles capacités régionales. Pour la RDC, l’enjeu est de sécuriser des volumes à des tarifs compétitifs et de réduire la dépendance à un système électrique sous pression. Pour la Zambie, le projet pourrait offrir une nouvelle voie d’exportation aux producteurs d’électricité autorisés et soutenir les investissements dans la production.
Le raccordement renforcerait également la participation de la RDC au Southern African Power Pool, le marché régional qui relie les réseaux nationaux et facilite les échanges transfrontaliers. Les interconnexions peuvent améliorer la sécurité d’approvisionnement lorsque les pays connaissent des profils de demande et de production différents. Leur efficacité dépend toutefois de règles de marché, de capacités de transport et d’accords d’exploitation compatibles.
Un montage financier encore à concrétiser
Les partenaires ont confirmé leur intention d’investir en fonds propres, tandis que Gridworks doit jouer le rôle d’investisseur principal et d’actionnaire majoritaire. Trafigura s’est engagée à organiser une part importante du financement par dette. EnPower, entreprise congolaise de négoce d’électricité, est le promoteur du projet. Le Fonds stratégique de la RDC y voit un premier investissement d’infrastructure depuis sa création en 2025.
L’accord-cadre représente une avancée dans la structuration du projet, mais il reste à préciser les conditions financières définitives, les contrats de fourniture et les modalités d’exploitation. Même si les concessions, licences et autorisations nécessaires auraient été obtenues, le financement complet et la mise en chantier demeurent des jalons à suivre. Le coût final peut évoluer avec le prix des équipements, les travaux de raccordement et les exigences de construction.
La répartition des risques sera déterminante. Les prêteurs examineront la fiabilité des revenus, les engagements des acheteurs et les garanties disponibles. Les autorités devront s’assurer que les contrats protègent les consommateurs et évitent que les coûts de construction ne soient répercutés sans contrôle sur les tarifs. Les modalités d’accès des producteurs zambiens à la ligne et les conditions d’achat côté congolais devront être transparentes.
Une infrastructure qui peut soutenir l’industrialisation
L’électricité supplémentaire pourrait favoriser l’expansion des mines, mais aussi d’autres activités du Copperbelt. Pour produire un effet de développement plus large, le projet devra permettre aux entreprises locales, aux services publics et aux nouveaux investisseurs d’accéder à une énergie stable. Les retombées dépendront aussi du renforcement des réseaux de distribution à l’intérieur de la RDC, au-delà du point d’arrivée de la ligne.
Les communautés situées le long du tracé doivent être intégrées à la préparation du projet. L’acquisition des emprises, la sécurité, l’entretien et la consultation locale font partie des conditions de réalisation d’une ligne de transport. Les études environnementales et sociales doivent déterminer les impacts et les mesures de compensation ou de réduction nécessaires.
Le calendrier de construction, les contrats d’électricité, le financement final et la capacité réellement mise à disposition constitueront les principaux indicateurs de progrès. La ligne Kalumbila–Kolwezi pourrait contribuer à résoudre une contrainte majeure du secteur minier congolais et approfondir l’intégration énergétique régionale. Son succès dépendra de sa capacité à fournir une énergie abordable, fiable et accessible au-delà des seuls grands acheteurs industriels.
