EXXOIL SA devient l’unique titulaire de la concession d’exploitation d’hydrocarbures El Menzah, en Tunisie. Un arrêté ministériel daté du 23 octobre 2026 et publié au Journal officiel autorise le transfert intégral des droits et obligations détenus par l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) et Ecumed Petroleum Grombalia Limited au profit de la société tunisienne.
La décision intervient au terme d’une procédure engagée près de deux ans plus tôt. EXXOIL avait demandé, le 18 janvier 2024, la modification de l’arrêté fondateur de la concession, daté du 18 novembre 2000, afin d’en obtenir l’intégralité. L’ETAP avait donné son accord le 3 septembre 2024, puis le Comité consultatif des hydrocarbures avait émis un avis favorable le 27 septembre de la même année. L’arrêté publié en octobre 2026 autorise désormais la cession complète.
Une clarification des droits sur le périmètre
Le transfert consolide la position d’EXXOIL sur El Menzah et clarifie la répartition des responsabilités attachées à la concession. Selon les informations communiquées à l’occasion de la publication de l’arrêté, l’ETAP ne souhaitait pas participer aux opérations de développement et de production du gisement. La cession lui permet donc de sortir de cette participation et confie à EXXOIL la responsabilité associée aux droits transférés.
Cette évolution juridique ne constitue toutefois pas, à elle seule, une annonce de redémarrage ou d’augmentation de la production. Les éléments publiés ne précisent ni calendrier de travaux, ni programme de forage, ni investissement prévu, ni objectif de production. La titularité à 100 % ne doit donc pas être confondue avec une capacité de production nouvelle immédiatement disponible.
Le passage du droit à l’activité opérationnelle
Pour la suite, la question centrale sera celle de la traduction de ce transfert en décisions opérationnelles. La clarification de l’actionnariat peut faciliter la prise de décision et rendre plus lisible la responsabilité de l’opérateur. Mais la mise en valeur d’une concession dépend aussi de l’état des installations, des données géologiques, des besoins en financement, des autorisations environnementales et du cadre fiscal applicable.
Dans le cas d’El Menzah, les informations publiques disponibles ne permettent pas encore de mesurer les travaux qui seraient nécessaires ni les volumes économiquement récupérables. Ces données seront essentielles pour apprécier la portée économique de la décision. Elles permettront aussi de distinguer une régularisation administrative d’un véritable nouveau cycle d’investissement.
Le rôle de l’ETAP mérite également d’être suivi. En tant que société nationale, elle intervient dans la gestion des intérêts publics au sein des concessions. Son retrait d’El Menzah s’inscrit ici dans un accord de cession autorisé par l’État. Les prochains éléments à observer porteront sur les engagements associés au transfert, la continuité des obligations réglementaires et la manière dont les autorités suivront la mise en œuvre du titre.
Pour le secteur tunisien des hydrocarbures, l’opération rappelle que la gouvernance des concessions repose autant sur la stabilité juridique que sur la capacité à transformer les droits miniers en activité productive. Les transferts de participation peuvent simplifier les structures et débloquer des décisions, mais leur intérêt économique se mesure finalement aux investissements réalisés, à la production effectivement maintenue ou développée et aux recettes générées pour le pays.
À ce stade, l’arrêté apporte surtout une réponse juridique à une demande ancienne : EXXOIL détient désormais l’intégralité des droits et obligations transférés sur El Menzah. La prochaine étape sera d’obtenir des précisions sur les plans techniques et financiers du concessionnaire. C’est à ces éléments, et non au seul pourcentage de participation, que se mesurera la contribution future du périmètre à l’approvisionnement et à l’économie tunisienne.
