BP s’apprête à prendre la direction de trois licences d’exploration offshore dans le bassin namibien de Walvis. Eco Atlantic Oil & Gas a obtenu le 1er octobre 2026 l’approbation ministérielle nécessaire au transfert de 60 % de ses intérêts et de l’opérabilité des permis PEL 97, PEL 99 et PEL 100. La transaction rapproche une grande compagnie d’une nouvelle zone d’exploration, mais le programme immédiat porte sur l’interprétation et l’acquisition de données sismiques, sans forage annoncé à ce stade.
Les licences couvrent les blocs Cooper, Guy et Tamar. Eco Atlantic doit conserver une participation de 25 %, tandis que les intérêts des partenaires namibiens et locaux restent définis dans les accords correspondants. BP assumera l’opérabilité et les coûts de la phase d’exploration selon les modalités convenues. La compagnie britannique a ainsi la possibilité de réévaluer un portefeuille offshore au moment où plusieurs opérateurs intensifient leurs activités dans les bassins de Namibie.
Une transaction qui entre dans sa phase finale
L’accord de farm-out a été conclu en avril 2026. L’approbation du ministère namibien des Industries, des Mines et de l’Énergie répond à l’exigence réglementaire encadrant la cession d’intérêts et le transfert de l’opérabilité. Une fois les formalités restantes achevées, BP pourra conduire les travaux sur les trois licences.
La transaction prévoit une contrepartie en espèces d’environ 2,7 millions de dollars pour Eco Atlantic à la clôture, ainsi que la prise en charge par BP des dépenses d’exploration. Dans le cadre des renouvellements futurs, une option supplémentaire pourrait permettre à BP de reprendre 10 % additionnels si les partenaires décident d’entrer dans une nouvelle période de licence en 2028 et s’engagent à forer un puits. Ce mécanisme dépend donc de décisions et de conditions qui ne sont pas encore acquises.
L’approbation ouvre la voie à des activités géologiques et géophysiques plus poussées. Les informations disponibles mentionnent le retraitement de données sismiques et la possibilité de recueillir de nouveaux relevés 3D. Ces travaux cherchent à affiner la compréhension des structures du sous-sol et à hiérarchiser les zones à examiner. Ils constituent une étape préalable à toute décision de forage, laquelle dépendra des résultats, du calendrier réglementaire et des budgets.
Walvis, un bassin qui reste à prouver
L’attention internationale portée à la Namibie a fortement augmenté après les découvertes d’hydrocarbures dans le bassin d’Orange, au sud du pays. Ces succès ont ravivé l’intérêt pour les marges atlantiques, mais ils ne prouvent pas que les mêmes structures ou les mêmes volumes se retrouvent dans le bassin de Walvis. Chaque bassin possède sa propre histoire géologique et doit être évalué avec des données spécifiques.
L’arrivée de BP permet d’appliquer des moyens techniques et une expérience d’exploration de grande profondeur à ces licences. Elle peut également accélérer l’analyse des données accumulées et améliorer la qualité des décisions sur les zones où un forage aurait le plus de chances de tester une hypothèse géologique solide. Cela ne signifie pas qu’une découverte est attendue à court terme : aucune ressource commerciale n’est confirmée par le seul transfert des permis.
Pour Eco Atlantic, l’opération réduit la part du capital qu’elle doit consacrer à l’exploration tout en lui laissant une participation dans les blocs. Pour la Namibie, elle associe un opérateur international à une phase de recherche qui peut apporter des investissements, des données et une meilleure connaissance du domaine offshore. Les retombées dépendront néanmoins de l’activité réellement engagée et du respect des règles de contenu local et de protection environnementale.
Avant les puits, les données et les choix d’investissement
Le retraitement sismique peut révéler des caractéristiques que les outils antérieurs n’avaient pas clairement identifiées. Une nouvelle acquisition 3D permet ensuite de cartographier plus finement les structures souterraines sur les zones jugées prioritaires. Ces méthodes réduisent une partie de l’incertitude, mais ne remplacent pas le forage, seule opération permettant de vérifier directement la présence et la qualité d’un réservoir.
Un puits en eau profonde représente une dépense majeure et un risque technique. Avant de s’y engager, les partenaires doivent comparer le potentiel estimé, les coûts de forage et de développement, les infrastructures disponibles et les conditions commerciales du pays. Dans un bassin encore peu éprouvé, le séquençage des travaux est déterminant : investir d’abord dans une meilleure connaissance du sous-sol peut éviter de forer trop tôt une cible insuffisamment comprise.
Les décisions prises en 2028 constitueront un point d’inflexion potentiel. Si BP et ses partenaires choisissent de renouveler les licences et d’engager un forage, l’exploration franchira une étape décisive. D’ici là, l’attention portera sur l’achèvement du transfert, le volume des travaux sismiques, la répartition des responsabilités entre partenaires et les signaux d’investissement dans les trois blocs.
Une entrée stratégique, pas encore une découverte
La prise d’opérabilité par BP renforce le portefeuille d’exploration de la Namibie et confirme l’attractivité des bassins offshore du pays. Pour Eco Atlantic, elle apporte un partenaire capable de financer et de conduire une phase de travaux coûteuse. Pour les autorités, elle peut accélérer l’évaluation de licences encore peu documentées.
La portée de l’opération doit toutefois être appréciée avec précision : l’approbation réglementaire n’équivaut ni à un forage programmé, ni à une découverte, ni à une réserve commercialisable. Le prochain résultat concret sera d’abord une meilleure image géologique du bassin. C’est à partir de ces données que les partenaires décideront si Walvis mérite un puits d’exploration et si la région peut rejoindre les zones pétrolières qui transforment déjà le paysage énergétique namibien.
