Le Sénégal renforce son dispositif de formation technique dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Inauguré à Dakar le 28 octobre 2026, le Green Energy Training Center (GETC) prévoit de former 1 700 apprenants et professionnels au cours de ses trois premières années. Le projet représente un investissement global de 2 millions d’euros et vise à contribuer à la création de près de 500 emplois dans les filières concernées.
Créé par l’entreprise sénégalaise ENERGECO, le centre bénéficie d’un soutien de la coopération allemande. La Facilité Investissements pour l’emploi, mise en œuvre par la KfW, apporte une subvention de 967 000 euros. ENERGECO complète le financement avec environ 1,03 million d’euros sur fonds propres.
Des compétences directement liées aux besoins du terrain
L’offre de formation cible plusieurs métiers nécessaires au déploiement et à l’exploitation des équipements : technicien en énergies renouvelables, électricien de maintenance, installateur solaire, auditeur énergétique et gestionnaire de projets. Le centre s’appuie sur sept filières, des plateaux techniques de 1 200 m², dix formateurs et plus de vingt entreprises partenaires, selon son fondateur, Libasse Niang.
Le modèle pédagogique prévoit une alternance entre cours, ateliers pratiques et apprentissage en entreprise. Des parcours préparant notamment au BEP et au BTS doivent permettre de relier les acquis techniques à des qualifications reconnues. L’objectif est de répondre à une difficulté bien identifiée par les acteurs du secteur : disposer de professionnels capables d’installer, d’exploiter et d’entretenir les équipements, et pas seulement de participer à leur construction.
« Nos entreprises cherchent des techniciens qualifiés avec de la pratique, et nos jeunes cherchent un avenir », a résumé Libasse Niang lors de l’inauguration. Le centre entend rapprocher ces deux demandes à travers des formations conçues avec les employeurs et une exposition aux conditions de travail réelles.
Un réseau au-delà de Dakar
Le dispositif doit également s’appuyer sur quatre centres associés à des universités partenaires à Saint-Louis, Ziguinchor, Diourbel et Thiès. Cette organisation territoriale peut contribuer à adapter les compétences aux besoins locaux, notamment pour l’électrification rurale, les services énergétiques de proximité et la transformation agroalimentaire.
La formation des femmes et leur accès aux métiers de l’énergie figurent aussi parmi les priorités présentées par les promoteurs. La présence d’entreprises partenaires, dont des membres de la Fédération des entreprises du Sénégal dans l’électricité, pourrait faciliter l’identification des profils recherchés, l’accueil d’apprentis et l’insertion professionnelle.
Pour l’ambassadeur d’Allemagne au Sénégal, Kai Baldow, « une formation n’a de valeur que si elle mène à un emploi ». Cette formule place le suivi de l’insertion au centre de l’évaluation du projet. Le chiffre de 1 700 personnes formées constitue un objectif de volume ; il devra être complété par des indicateurs sur l’achèvement des parcours, l’accès à un emploi durable et la correspondance entre les qualifications acquises et les postes disponibles.
Le secrétaire général du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Mamadou Camara Fall, a pour sa part présenté la formation technique comme « un levier stratégique de souveraineté, de compétitivité et d’insertion professionnelle ». L’enjeu est de faire en sorte que les investissements dans les infrastructures énergétiques s’accompagnent d’un vivier national de techniciens.
Avec ses premières formations lancées en octobre, le GETC entre dans sa phase opérationnelle. Sa contribution à la transition énergétique sénégalaise se mesurera à la qualité de l’enseignement pratique, à la participation des employeurs et aux débouchés réellement obtenus par les personnes formées. La pérennité du modèle dépendra aussi de sa capacité à actualiser les cursus à mesure que les technologies, les projets et les besoins du marché évoluent.
