La société britannique Blencowe Resources a achevé une deuxième phase de prospection sur le projet de graphite Orom-Cross, dans le nord de l’Ouganda. Les équipes ont identifié des affleurements de graphite sur des cibles géophysiques situées au nord et au sud des gisements déjà connus, le long d’une tendance d’environ 25 kilomètres.
La campagne porte sur sept cibles délimitées par des travaux antérieurs. Le relevé de terrain couvre près de 95 % de ces zones. Du graphite a été observé à la surface sur l’ensemble des cibles testées, tandis que des échantillons ponctuels prélevés à trois endroits ont affiché des teneurs supérieures à 20 % de carbone graphitique total (TGC).
Une extension possible au-delà du plan minier actuel
Les résultats les plus élevés proviennent des cibles GT-02b, GT-03b et GT-04. Ils suggèrent que la minéralisation pourrait se prolonger au-delà des quatre gisements déjà forés et intégrés à l’étude de faisabilité définitive (DFS) du projet. La plupart des nouvelles cibles se trouvent à moins de dix kilomètres du site envisagé pour l’usine de traitement, ce qui pourrait être un avantage logistique si leur potentiel est confirmé.
Le plan minier actuel repose sur une durée initiale d’exploitation de quinze ans et sur les quatre gisements étudiés. Les nouvelles zones n’en font pas encore partie. Pour les intégrer, Blencowe devra mener des travaux supplémentaires, notamment des campagnes d’échantillonnage et de forage, puis établir leur continuité, leur épaisseur et leur teneur sur des volumes représentatifs.
Iain Wearing, directeur général par intérim, a souligné que la cartographie dessinait une tendance interprétée d’environ 25 kilomètres, située dans les permis détenus par l’entreprise. Cette lecture donne une indication de l’ampleur possible du secteur exploré, mais ne constitue pas en elle-même une estimation de ressources minérales.
Des teneurs prometteuses, mais des prélèvements sélectifs
Les valeurs supérieures à 20 % TGC sont issues de prélèvements ponctuels réalisés sur des affleurements choisis pour leur apparence favorable. Elles ne représentent donc pas nécessairement la teneur moyenne de toute la zone, ni celle d’un futur minerai exploitable. La distinction est essentielle : les échantillons de surface servent à orienter l’exploration, tandis que des forages et des analyses systématiques sont requis pour établir une ressource selon les standards miniers.
La présence de graphite en surface sur les zones visées, ainsi que des caractéristiques de sol jugées comparables à celles observées au-dessus des gisements connus, renforce l’intérêt géologique de la tendance. Toutefois, seule une campagne de forage pourra confirmer si ces indices correspondent à des volumes suffisamment continus et de qualité pour être évalués économiquement.
Le projet Orom-Cross dispose déjà d’une étude de faisabilité définitive publiée en décembre 2025, fondée sur les quatre gisements forés. Les résultats de la phase 2 ouvrent une piste d’expansion au-delà de ce périmètre, mais ne modifient pas à ce stade les paramètres du plan initial ni son calendrier de développement.
Le financement reste la priorité de l’opérateur
Blencowe indique que son enjeu immédiat est de réunir le financement nécessaire à la première phase du projet. Les travaux sur les cibles plus éloignées du plan minier seront poursuivis progressivement, selon une approche par étapes. Cette séquence traduit un arbitrage classique : sécuriser les capitaux pour le projet déjà étudié tout en évaluant, à coût maîtrisé, la possibilité d’accroître la base de ressources.
Pour l’Ouganda, une éventuelle extension d’Orom-Cross pourrait renforcer la place du pays dans les chaînes d’approvisionnement en graphite, utilisé notamment dans les anodes de batteries. Mais l’existence d’un potentiel géologique ne garantit ni une production commerciale ni la création immédiate d’une filière locale. Ces perspectives dépendront de la validation des ressources, du financement, des choix de transformation et de la capacité à établir des débouchés durables.
La prochaine étape sera donc moins spectaculaire qu’une annonce de teneur, mais plus décisive : convertir des indices de surface en données vérifiées par forage. C’est à cette condition que la tendance de 25 kilomètres pourra être évaluée comme une extension minière, plutôt que comme une carte de cibles encore à tester.
Image illustrative de prospection géologique en Ouganda ; elle ne représente pas le site réel d’Orom-Cross.
