**Catégories :** Événement **Étiquettes :** Cédéao, efficacité énergétique, données, électricité, Afrique de l’Ouest **Extrait :** Des experts de douze pays se réunissent à Lomé pour valider les données énergétiques de 2023 et 2024. La qualité de ces statistiques conditionne la planification des réseaux, la mesure des pertes et l’évaluation des politiques d’efficacité dans la région. **Slug :** cedeao-lome-validation-donnees-efficacite-energetique **Image alt :** Des experts ouest-africains examinent des données énergétiques et des cartes régionales lors d’un atelier à Lomé.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest veut améliorer la qualité des données utilisées pour planifier ses politiques énergétiques. Une concertation régionale ouverte à Lomé le 5 octobre réunit des experts de douze pays afin d’examiner et de valider les données de consommation et d’efficacité énergétique pour 2023 et 2024.
Les participants passent en revue plusieurs indicateurs : consommation finale d’énergie, pertes d’électricité, usages dans les ménages, l’industrie et les transports. Ces informations doivent alimenter les systèmes nationaux et la prochaine édition du rapport régional sur l’efficacité énergétique. Les administrations ont également pour objectif de convenir d’une méthode commune de collecte et d’actualisation.
Des statistiques nécessaires aux décisions
Les gouvernements ne peuvent pas dimensionner les réseaux, établir des priorités d’investissement ou évaluer les progrès sans disposer d’une base statistique cohérente. Des données incomplètes compliquent la comparaison entre pays et peuvent conduire à surestimer ou sous-estimer les besoins. Une prévision de demande fiable aide à planifier les centrales, les lignes de transport, les programmes d’accès et les mesures de maîtrise de la consommation.
Le précédent rapport régional portant sur la période 2018-2022 relevait une progression moyenne de la consommation finale d’énergie de 3,85 % par an. Le secteur résidentiel représentait 55 % de cette consommation, tandis que la biomasse comptait pour 77 % de l’énergie utilisée pour la cuisson. Les pertes d’électricité atteignaient 21,3 % en 2022, soit plus du double de l’objectif régional de 10 % fixé pour 2020.
Ces données donnent une indication de l’ampleur des défis, mais elles doivent être mises à jour et interprétées avec prudence. Les chiffres régionaux agrègent des systèmes électriques et des structures économiques différents. Les variations du climat, les changements d’accès au réseau, l’évolution des tarifs et l’activité industrielle peuvent modifier les profils de consommation d’un pays à l’autre.
Les pertes, un enjeu économique et opérationnel
Les pertes électriques comprennent les pertes techniques sur les lignes et les transformateurs, ainsi que les pertes commerciales liées au comptage, à la facturation ou au recouvrement. Elles réduisent la quantité d’électricité vendue par rapport à celle injectée dans le réseau. Pour les compagnies d’électricité, elles peuvent détériorer les finances et limiter la capacité à entretenir les installations ou à investir dans de nouvelles lignes.
Réduire ces pertes exige des solutions adaptées à leur origine. Le renforcement des réseaux, le remplacement d’équipements, la maintenance, la modernisation des compteurs et l’amélioration de la facturation peuvent produire des résultats complémentaires. Les données détaillées aident à repérer les zones où les interventions auront le plus d’effet et à suivre si les gains sont durables.
La cuisson représente un autre enjeu central. La forte place de la biomasse dans les usages résidentiels a des conséquences sur la santé, le temps consacré à la collecte du combustible et la pression exercée sur les ressources forestières. Les politiques de cuisson propre doivent être conçues en fonction des revenus, de la disponibilité des combustibles, des habitudes et des infrastructures de distribution.
Construire des systèmes de données pérennes
La validation des données pour 2023-2024 constitue une étape, mais elle ne suffit pas si les administrations ne peuvent pas les actualiser régulièrement. Les pays doivent disposer de responsables statistiques, de méthodes communes, de budgets et d’outils de transmission. Les entreprises d’électricité, les ministères, les instituts de statistique et les régulateurs doivent aussi partager des définitions compatibles.
La qualité des données dépend notamment de la couverture des ménages non raccordés, de la distinction entre consommation finale et énergie primaire, et de l’estimation des usages informels. Les outils numériques peuvent améliorer la collecte, mais les résultats doivent être contrôlés et documentés. Les limites de chaque indicateur doivent être connues avant qu’il ne soit utilisé pour orienter des financements.
La coopération régionale peut faciliter le partage d’expérience, la comparaison des performances et la préparation de projets transfrontaliers. Une base harmonisée améliore aussi la visibilité des investisseurs et des partenaires techniques. Mais la publication doit être régulière et permettre aux chercheurs, aux entreprises et aux collectivités de comprendre les méthodes et les écarts entre les données.
Les travaux de Lomé rappellent qu’une politique d’efficacité énergétique repose autant sur la qualité de la mesure que sur les technologies déployées. Les données validées aideront à établir des priorités et à mieux suivre les résultats, à condition que les systèmes nationaux continuent de les actualiser. Pour la région, l’étape suivante sera de convertir les indicateurs en plans d’action mesurables sur les pertes électriques, la cuisson, les bâtiments et l’industrie.