La Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun a lancé son appel d’offres 2026 à Cape Town, lors de l’African Farmout Forum organisé en marge de l’African Energy Week. Six blocs sont proposés à l’exploration dans trois bassins sédimentaires : Rio del Rey, Douala/Kribi-Campo et Logone Birni. Les soumissions sont attendues jusqu’au 28 mai 2027 et les résultats sont annoncés pour juin 2027.
Les blocs mis sur le marché sont Ndian River et Bakassi dans le bassin de Rio del Rey ; Kombe-Nsepe et Bomono dans celui de Douala/Kribi-Campo ; ainsi que Zina et Makary dans le bassin de Logone Birni. Selon la présentation de la SNH, les six superficies disposent de données sismiques 2D et se situent à proximité de zones d’activité pétrolière déjà établies dans la région.
Le lancement à l’AEW place le Cameroun dans une séquence de prospection de partenaires et de capitaux à l’échelle internationale. Mais la disponibilité de données sismiques et la proximité d’actifs éprouvés ne suffisent pas à déterminer le potentiel commercial de chaque bloc. Les opérateurs devront examiner les données, préciser leurs programmes de travail et estimer les coûts et les risques avant de soumettre une offre.
Trois bassins, des contextes géologiques différents
Les blocs de Ndian River et Bakassi se trouvent dans le bassin de Rio del Rey, une zone littorale du sud-ouest camerounais connue pour son activité pétrolière. Leur proximité avec des zones déjà exploitées peut faciliter l’accès à certains savoir-faire et à des infrastructures régionales. Elle ne garantit pas pour autant que les nouvelles superficies contiennent des accumulations économiquement récupérables. Les candidats devront analyser les données sismiques, les puits disponibles et les caractéristiques géologiques propres à chaque bloc.
Kombe-Nsepe et Bomono appartiennent au bassin de Douala/Kribi-Campo. La diversité de ce bassin côtier place ces blocs dans un environnement où l’exploration doit tenir compte des spécificités locales, des infrastructures d’accès et des données acquises. Les informations sismiques 2D fournissent un premier aperçu du sous-sol, mais les entreprises peuvent avoir besoin de travaux complémentaires, dont l’acquisition ou le retraitement de données plus détaillées, avant de décider d’un forage.
Enfin, Zina et Makary se situent dans le bassin de Logone Birni, dans le nord du pays. Leur inclusion élargit l’offre au-delà des zones côtières et donne aux investisseurs l’occasion d’évaluer un contexte différent. L’éloignement relatif des installations de production et des réseaux peut constituer un facteur de coût à considérer. La valeur d’une découverte potentielle dépendra aussi de la possibilité de la raccorder à des infrastructures existantes ou d’en financer de nouvelles.
L’appel d’offres devra convertir l’intérêt en programmes de travail
Pierre Eric Nkoa Nkoa, directeur adjoint de l’exploration à la SNH, a indiqué que le processus de soumission restera ouvert jusqu’au 28 mai 2027, avec des résultats attendus le mois suivant. Cette période laisse aux opérateurs le temps d’évaluer les blocs et de préparer des offres. La qualité de l’information fournie, les règles d’accès aux données et la clarté des critères de sélection influenceront la capacité de la procédure à attirer des partenaires solides.
Pour les entreprises, l’analyse initiale devra se traduire par un programme de travail crédible. Celui-ci peut comprendre des études géologiques et géophysiques, des opérations sismiques complémentaires et, selon le niveau de risque et les obligations contractuelles, des forages d’exploration. Chaque étape comporte des coûts et des incertitudes. Les investisseurs arbitreront entre le potentiel géologique, le régime fiscal, les obligations de contenu local, les conditions de partage de production et la stabilité des règles.
La SNH propose six blocs dans un marché où les projets d’exploration rivalisent pour attirer des capitaux. Les pays voisins et d’autres juridictions présentes au forum ont également présenté leurs propres possibilités de farm-out ou d’appel d’offres. Le Cameroun devra donc rendre ses conditions suffisamment lisibles et compétitives, tout en préservant les intérêts publics liés à l’exploitation des ressources.
Un forum qui met les actifs en relation avec les partenaires
L’African Farmout Forum réunissait 23 présentations consacrées à des opportunités de partenariat et de financement, en Afrique et au-delà. Les propositions couvraient des blocs d’exploration, des campagnes sismiques, des forages et des actifs en production. Dans ce cadre, l’annonce camerounaise s’adresse à des opérateurs capables de financer l’évaluation et de partager les risques liés aux premières étapes de l’exploration.
Les opérations de farm-out permettent à un détenteur de licence de transférer une participation à un partenaire en échange d’un financement ou de la réalisation de travaux. Elles peuvent répartir les coûts d’exploration et accélérer la collecte de données, mais elles doivent préciser les responsabilités, les échéances et les droits de chaque partie. L’appel d’offres camerounais sera jugé non seulement sur le nombre de candidatures, mais aussi sur la qualité des engagements de travail et la capacité des opérateurs à les exécuter.
Mesurer le succès au-delà du nombre d’offres
Le lancement d’un appel d’offres est une étape d’ouverture, pas une confirmation de découverte ni une décision de production. Les indicateurs à suivre seront l’intérêt manifesté par les entreprises, les accords conclus, les investissements d’exploration réellement engagés et la progression des travaux de terrain. Les résultats géologiques, les éventuelles découvertes et la possibilité de les commercialiser viendront ensuite.
Pour le Cameroun, la nouvelle campagne peut contribuer à renouveler les perspectives de ses bassins sédimentaires et à attirer des partenaires sur des zones variées. Sa réussite dépendra de la capacité de la SNH à associer des données accessibles, des conditions contractuelles prévisibles et une sélection rigoureuse. Les dates annoncées, mai et juin 2027, fourniront les prochains jalons pour apprécier si l’intérêt suscité à Cape Town s’est traduit par des offres solides.
