Le cuivre est devenu un moteur central de la stratégie de BHP. Le groupe minier australien a produit environ deux millions de tonnes en 2026, et le métal a représenté pour la première fois plus de la moitié de son résultat opérationnel sous-jacent. Cette évolution renforce l’intérêt du groupe pour de nouvelles provinces minières, dont la Zambie, où les autorités ont indiqué que BHP s’intéressait à l’exploration de grande ampleur.
La démarche reste cependant au stade de l’étude et de la prospection. BHP n’a annoncé ni acquisition de mine, ni permis d’exploration attribué, ni engagement de capitaux pour un projet zambien. Ce point compte : dans l’industrie extractive, l’intérêt exprimé pour un pays ne garantit ni découverte commerciale, ni mise en production. Il marque plutôt le début d’un processus d’évaluation géologique et de négociation avec l’État.
Le cuivre prend une place dominante chez BHP
Les résultats de l’exercice clos en juin 2026 confirment le repositionnement du groupe. Le cuivre a généré 18,19 milliards de dollars de résultat opérationnel sous-jacent, selon les données de l’entreprise, dépassant ainsi le minerai de fer comme première source de bénéfices. BHP met en avant une production proche de deux millions de tonnes pour la deuxième année consécutive et prévoit un portefeuille de projets susceptible d’accroître sa production de cuivre dans les années à venir.
Cette orientation répond à la progression de la demande portée par les réseaux électriques, les véhicules électriques, les équipements industriels et les centres de données. Les entreprises minières anticipent également un risque de tension de l’offre : les nouveaux projets nécessitent de longues périodes d’exploration, d’autorisation et de construction, alors que les gisements existants s’épuisent progressivement ou demandent des investissements pour maintenir leurs volumes.
Pour un groupe de l’envergure de BHP, la constitution d’options géographiques est donc aussi importante que l’exploitation de ses mines actuelles. Une présence exploratoire offre la possibilité d’identifier des ressources avant que la concurrence ne verrouille les terrains les plus prometteurs. Elle permet aussi de tester les conditions réglementaires, les infrastructures disponibles et les partenariats locaux.
La Zambie, une province déjà structurée
La Zambie possède une longue histoire cuprifère et abrite des mines en exploitation, des projets d’expansion et des infrastructures associées à la Copperbelt. Le gouvernement cherche à augmenter la production et à attirer des capitaux pour atteindre ses objectifs nationaux. L’intérêt éventuel de BHP s’inscrit dans cette stratégie, mais le pays doit encore convaincre les investisseurs que les règles, la fiscalité, l’accès à l’électricité et les corridors logistiques permettent de soutenir des projets de plusieurs décennies.
Les autorités zambiennes ont présenté BHP comme intéressé par une exploration à grande échelle. La société n’a toutefois pas confirmé de programme précis. La prochaine étape pourrait consister à examiner des cibles, comparer les données géologiques et discuter des conditions d’un éventuel accès aux permis. Tant que ces jalons ne sont pas franchis, l’enjeu est surtout de comprendre où le groupe pourrait intervenir et selon quel modèle.
La relation de BHP avec la région existe déjà au Botswana, où l’entreprise est associée à l’exploration du cuivre dans le bassin du Kalahari via un partenariat avec Cobre. Le prolongement possible vers la Zambie élargirait donc sa présence dans une région riche en cuivre et en argent, tout en offrant un accès à une province productrice reconnue. Les deux pays ne représentent pas pour autant un même projet : les licences, les partenaires et les travaux doivent être évalués séparément.
Des investissements d’exploration au long cours
L’exploration minière suit un cycle incertain. Des études géologiques et géophysiques précèdent le forage ; les résultats doivent ensuite être interprétés, puis intégrés à une estimation de ressources. Il faut encore démontrer que le gisement peut être extrait de manière économiquement viable et obtenir les autorisations nécessaires. À chaque étape, une cible peut être abandonnée si les données sont insuffisantes ou si les coûts deviennent trop élevés.
L’engagement éventuel de BHP pourrait apporter des moyens techniques et financiers importants à la recherche de nouveaux gisements. Il ne remplace pas pour autant les conditions d’un accord transparent avec la Zambie : définition des droits d’exploration, respect des normes environnementales, partage de données, consultation des communautés et contenu local. Le pays devra également veiller à ce que les nouveaux projets puissent s’intégrer à ses infrastructures et à ses priorités industrielles.
Pour BHP, l’enjeu est de sécuriser une option sur une ressource future dans un contexte de concurrence accrue. Pour la Zambie, il s’agit de convertir l’intérêt d’un grand producteur en connaissances géologiques, en dépenses locales et éventuellement en nouvelles mines, sans confondre une annonce d’exploration avec une promesse de production.
Une opportunité qui reste à confirmer
L’expansion du cuivre dans les résultats de BHP explique l’attention portée à la Zambie. Les performances du groupe renforcent sa capacité à financer la recherche et à envisager des projets de croissance à l’échelle mondiale. Mais la présence du groupe dans le pays dépend encore de décisions qui ne sont pas publiques : permis, partenaires, budgets, cibles et calendrier des travaux.
Le prochain signal à surveiller sera donc une confirmation formelle d’un programme ou d’un accord d’exploration. À défaut, les discussions ne constituent qu’une indication de marché. Si elles se concrétisent, la Zambie pourrait gagner un nouvel acteur de poids dans une filière qu’elle veut développer. La valeur réelle de cette perspective se mesurera aux investissements engagés, à la qualité des découvertes et aux retombées partagées avec le pays.
