L’usine pilote de Galam, développée par Dynacor dans la région de Kédougou, a réalisé sa première coulée d’or le 30 septembre 2026. L’installation a produit un doré à partir du circuit Merrill-Crowe, une étape qui marque la fin d’une partie du commissioning et le début de la montée en régime industrielle. Le site doit traiter du minerai provenant d’exploitations artisanales et semi-mécanisées autorisées, dans un cadre présenté comme formalisé et traçable.
Cette première production confirme que l’usine peut transformer du minerai en doré, mais elle ne signifie pas que le site fonctionne déjà à pleine capacité. Dynacor indique que le temps de fonctionnement et le taux de récupération progressent depuis la mise en service. L’étape suivante consiste à augmenter graduellement la production vers la capacité nominale de l’installation pilote.
Un démarrage progressif dans le bassin aurifère de Kédougou
Le site de Galam se trouve dans le sud-est du Sénégal, une zone où l’activité aurifère artisanale et industrielle est importante. L’usine pilote est conçue pour traiter environ 50 tonnes par jour. Cette capacité doit permettre à Dynacor de tester son modèle d’approvisionnement, d’optimiser les paramètres de traitement et d’établir des relations avec les producteurs locaux avant toute décision d’expansion commerciale.
Le procédé Merrill-Crowe est une méthode de récupération de l’or qui repose notamment sur la clarification de la solution et la précipitation des métaux précieux. Le doré obtenu contient un mélange d’or et d’argent qui doit être affiné ultérieurement. Le premier lingot est donc une étape de validation opérationnelle ; les indicateurs déterminants seront le taux de récupération, les volumes de minerai traités et la stabilité de la qualité des intrants.
Une installation pilote permet de vérifier le fonctionnement des équipements à une échelle contrôlée et de mieux connaître les caractéristiques des minerais disponibles. Cette phase est importante, car le minerai artisanal peut varier d’un site à un autre par sa teneur, sa minéralogie et son humidité. Une alimentation irrégulière de l’usine peut peser sur la performance et les coûts.
Formaliser les circuits d’approvisionnement
Dynacor présente Galam comme une installation destinée à servir les exploitations artisanales et de petite taille bénéficiant des autorisations nécessaires. Un dispositif d’achat formel peut offrir aux producteurs un débouché commercial plus régulier et contribuer à réduire la circulation de l’or dans des circuits non déclarés. Il peut aussi améliorer la traçabilité de l’origine du minerai et la conformité des opérations avec les normes nationales.
L’impact dépendra toutefois des modalités d’approvisionnement. Les mineurs doivent pouvoir vendre dans des conditions suffisamment attractives, disposer d’informations claires sur les pesées et les analyses et être rémunérés dans des délais raisonnables. Si les procédures sont trop coûteuses ou trop lourdes, les circuits informels peuvent rester privilégiés. L’enjeu est donc de combiner contrôle, transparence et accès au marché.
La formalisation ne règle pas à elle seule les enjeux sociaux et environnementaux associés à l’exploitation artisanale. La sécurité des sites, l’usage de produits chimiques, les conditions de travail, la protection des cours d’eau et la restauration des zones exploitées restent des priorités. L’usine peut contribuer à un meilleur encadrement en conditionnant ses achats à des pratiques conformes, mais cette exigence doit être accompagnée de contrôles et de solutions de transition pour les producteurs.
Une étape avant une éventuelle installation commerciale
Le démarrage de Galam peut servir de base à une éventuelle unité commerciale plus importante. Dynacor avait évoqué la perspective d’une installation d’environ 300 tonnes par jour si le pilote démontrait la viabilité du modèle. Cette option reste conditionnelle : elle dépendra des résultats techniques, de l’accès à un volume d’approvisionnement suffisant, du financement et des autorisations requises.
Une expansion permettrait de traiter davantage de minerai localement et d’augmenter les retombées industrielles au Sénégal. Elle nécessiterait également des investissements additionnels, une chaîne d’approvisionnement plus structurée et des garanties de conformité renforcées. Avant de franchir cette étape, l’entreprise devra démontrer que l’usine pilote peut fonctionner de manière régulière et rentable.
Pour le pays, le projet s’inscrit dans le débat plus large sur la transformation locale de l’or et le développement d’une filière de services autour des producteurs artisanaux. La valeur ajoutée ne se limite pas à la métallurgie : elle inclut aussi les emplois, les achats de biens et services, l’encadrement des opérateurs et la capacité à tracer les volumes produits.
La première coulée comme jalon, pas comme aboutissement
Le doré coulé le 30 septembre constitue une réalisation tangible après la construction et le démarrage du traitement du minerai. Il permet d’évaluer concrètement la performance initiale du circuit et de poursuivre le réglage des opérations. Mais Dynacor n’a pas encore communiqué de date pour atteindre la capacité nominale ni le volume de la première coulée.
Les prochaines étapes seront la progression du taux de récupération, l’augmentation du temps de fonctionnement, la disponibilité de minerai conforme et l’intégration des producteurs locaux au dispositif. La régularité des résultats et la qualité de la gouvernance d’approvisionnement détermineront si Galam peut évoluer d’un pilote à une plateforme commerciale durable.
Pour Kédougou, l’enjeu est de faire en sorte que l’investissement améliore à la fois l’organisation du secteur aurifère, la sécurité des pratiques et la valeur captée dans le pays. La première coulée ouvre cette possibilité, mais la réussite se mesurera dans la durée, par la production régulière, la traçabilité et les retombées concrètes pour les acteurs locaux.
