Resolute vise 500 000 onces d’or annuelles à l’horizon 2028

Resolute Mining veut porter sa production annuelle au-delà de 500 000 onces d’or à l’horizon 2028. Cet objectif s’appuie sur la montée en puissance de ses actifs africains, notamment la mine de Syama au Mali, Mako au Sénégal et le développement de Doropo en Côte d’Ivoire. Il représente une ambition de croissance importante pour un groupe qui prévoit 250 000 à 275 000 onces de production en 2026, et qui doit convertir une série de chantiers opérationnels en volumes réguliers.

Le contraste entre la guidance 2026 et l’objectif 2028 montre l’ampleur du saut attendu. La croissance ne viendra pas d’une seule amélioration de rendement, mais de l’ensemble du portefeuille : optimisation des mines en activité, maîtrise des coûts, développement de nouveaux gisements et accès à des financements suffisants. Elle dépendra aussi de la capacité à maintenir la qualité des opérations dans plusieurs juridictions ouest-africaines.

Syama et Mako, socle de la production actuelle

Resolute exploite Syama au Mali et Mako au Sénégal. Au premier semestre 2026, ses actifs ont produit près de 105 000 onces, avec des performances contrastées entre sites. La société prévoit que la production soit davantage pondérée vers le second semestre, notamment grâce à la progression attendue de Syama. La guidance annuelle de 250 000 à 275 000 onces suppose donc que l’amélioration opérationnelle annoncée se concrétise au cours des prochains mois.

Syama constitue le principal centre de production du groupe. Sa performance dépend du rythme minier, de la disponibilité de l’usine, de la teneur du minerai et de la maîtrise des coûts énergétiques. Les résultats trimestriels ont montré que des variations de production et des redevances peuvent faire évoluer rapidement le coût par once. Mako, de son côté, contribue à diversifier la base opérationnelle et à maintenir une présence productive au Sénégal.

Le développement de la production ne se résume pas à traiter plus de tonnes. Les sociétés doivent gérer l’accès au minerai, la récupération métallurgique, les besoins d’entretien et la sécurité des sites. Les résultats futurs dépendront également du prix du carburant, de l’approvisionnement en pièces et des conditions logistiques dans les zones minières.

Doropo et le défi de la nouvelle capacité

L’ambition de dépasser 500 000 onces repose sur la mise en production de nouveaux actifs et la croissance de la capacité existante. Doropo, en Côte d’Ivoire, est l’un des projets appelés à contribuer à cette expansion. Le permis minier a été obtenu en 2026 et les dépenses de développement représentent une part majeure du programme d’investissement du groupe pour l’année.

La construction d’une mine nécessite des capitaux élevés avant de générer ses premiers revenus. Les dépenses couvrent les installations de traitement, les infrastructures d’accès, les équipements, l’alimentation électrique, la gestion de l’eau et les dispositifs environnementaux. Les banques locales et internationales peuvent participer au financement, mais les décaissements dépendent d’étapes contractuelles et du respect du calendrier.

L’intégration d’un nouveau site crée aussi des risques de montée en régime. La production réelle peut être inférieure au niveau prévu pendant les premiers mois, le temps de stabiliser l’usine et les opérations. Les coûts unitaires sont souvent plus élevés au démarrage, avant que les volumes ne permettent d’utiliser pleinement les installations. Pour atteindre une cible de 500 000 onces, Resolute devra donc maîtriser à la fois l’exécution du projet et la performance des mines existantes.

La trésorerie et le coût par once, indicateurs décisifs

Le groupe a indiqué une production de 45 192 onces au deuxième trimestre 2026 et un coût de maintien tout compris supérieur à 2 400 dollars l’once, dans un contexte de baisse de production à Syama et de redevances plus élevées. Ces données rappellent que la croissance des volumes doit aller de pair avec une amélioration de l’efficacité économique. Une production plus importante ne crée pas nécessairement davantage de valeur si les coûts d’extraction et de développement progressent encore plus vite.

Le financement de Doropo et des investissements dans les mines existantes doit aussi préserver une trésorerie suffisante pour absorber les chocs. Les sociétés aurifères font face à des dépenses imprévues liées à la géologie, à l’énergie, aux équipements et aux infrastructures. Les prix de l’or peuvent soutenir les revenus, mais ils ne suppriment ni les risques d’exécution ni la nécessité de contrôler l’endettement.

Pour les pays hôtes, l’expansion peut se traduire par des emplois, des contrats locaux et des recettes fiscales. La qualité de ces retombées dépend toutefois du contenu local, de la formation des travailleurs, de la transparence des paiements et de la gestion des impacts environnementaux. Le développement d’une mine doit également préserver les usages des terres et garantir une consultation suivie des communautés concernées.

Une cible ambitieuse à mesurer trimestre après trimestre

L’objectif de 500 000 onces d’ici à 2028 indique la direction stratégique de Resolute, mais sa crédibilité se construira par étapes. Les indicateurs à surveiller sont la production trimestrielle de Syama et Mako, les coûts unitaires, les dépenses de Doropo, les dates de mise en service et les contrats de financement. Tout retard de construction ou toute contre-performance opérationnelle réduirait la marge de manœuvre du groupe.

La société bénéficie d’un portefeuille africain qui peut soutenir une croissance substantielle, mais l’écart avec les volumes de 2026 reste important. La réussite reposera sur l’exécution disciplinée de plusieurs projets simultanés et sur une progression durable de la production vendable. Les prochaines publications financières diront si le groupe transforme son objectif à moyen terme en trajectoire crédible, sans sacrifier la trésorerie et la maîtrise des coûts.

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