Après plus de deux ans sans nouvelle campagne de forage, l’exploration du lithium pourrait reprendre sur le projet Atex, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Australasian Metals a engagé la préparation de voies d’accès en vue d’une campagne de forage à la tarière et examine la possibilité de prendre une participation majoritaire dans le projet. Cette reprise potentielle redonne de l’activité à un actif qui dispose de résultats de forage encourageants, mais qui n’a pas encore atteint le stade d’une estimation officielle de ressources minérales.
Le projet est détenu par Firering Strategic Minerals, qui a accordé début septembre une option exclusive de 90 jours à la société australienne. Si elle exerce cette option, Australasian pourrait acquérir 75 % d’Atex Mining Resources, société titulaire du permis d’exploration, sous réserve des conditions prévues dans l’accord. À la date des préparatifs annoncés, l’opération n’est pas finalisée. Le résultat des vérifications techniques et commerciales déterminera si l’acquéreur potentiel va de l’avant.
Des travaux préliminaires avant les forages approfondis
La campagne actuellement préparée doit utiliser un forage à la tarière, une technique de prélèvement peu profond utile pour cartographier les sols et affiner les zones à explorer. Elle ne constitue pas une campagne de forage de définition destinée à établir une ressource. En parallèle, Australasian examine les anciens échantillons et les données géologiques disponibles, et inspecte les accès et les infrastructures du site. Ces étapes doivent permettre de préciser les cibles, le budget et la séquence des prochains travaux.
Les derniers forages à circulation inverse réalisés par Firering se sont achevés en mars 2024. Ils totalisaient 3 753 mètres répartis sur 23 trous et avaient étendu de 122 % la minéralisation connue, sur une longueur d’environ 800 mètres. Certains résultats ont mis en évidence des intersections significatives en lithium. Ils constituent une base d’exploration, mais ne permettent pas à eux seuls de conclure à la taille ou à la rentabilité d’un gisement.
L’absence d’une première estimation de ressources demeure donc le principal point de prudence. Une ressource minérale exige une modélisation géologique suffisamment documentée, des analyses des échantillons et une estimation conforme à des standards reconnus. Avant cette étape, les résultats de forage indiquent un potentiel à tester, non un volume commercialement exploitable. Les investisseurs et les autorités devront surveiller la progression vers une ressource, puis vers des études de faisabilité qui évaluent les coûts, la méthode d’exploitation et les infrastructures nécessaires.
Une option qui transfère le risque de développement
L’accord d’option donne à Australasian un délai limité pour conduire ses vérifications avant de décider si elle acquiert les intérêts visés. Pour Firering, cette structure permet de faire avancer le projet sans financer seule une nouvelle phase d’exploration. Pour Australasian, elle offre la possibilité d’évaluer un actif avant de prendre un engagement de capital plus important. La contrepartie annoncée peut atteindre 1,5 million de dollars australiens pour plusieurs actifs ivoiriens, mais le paiement principal est lié à l’exercice de l’option et à la réalisation des conditions prévues.
Cette opération reflète une dynamique fréquente dans les projets d’exploration : un détenteur d’actif cherche un partenaire disposant de ressources financières et techniques, tandis qu’un nouvel entrant obtient une période de diligence pour apprécier le potentiel. Le transfert d’une participation majoritaire ne signifie pas que la construction d’une mine est imminente. Les dépenses importantes d’exploration, l’étude des résultats et les décisions d’investissement restent à venir.
Le lithium ivoirien attire l’attention dans un contexte où les fabricants de batteries et les gouvernements veulent diversifier leurs approvisionnements. La Côte d’Ivoire dispose d’infrastructures relativement développées et d’un secteur minier en croissance, mais la demande mondiale ne garantit pas la viabilité d’un projet particulier. Atex devra démontrer la continuité de la minéralisation, la qualité du minerai, la possibilité de produire un concentré vendable et l’existence de voies d’acheminement compétitives.
L’ancrage local, dès l’exploration
Australasian a annoncé son intention de recruter localement une partie du personnel nécessaire aux travaux et fait état d’un accueil positif des représentants communautaires lors d’une visite sur place. Ces signaux peuvent faciliter l’organisation de la campagne, mais ils ne remplacent pas un dialogue suivi. À mesure que l’exploration avance, les besoins d’accès au terrain, de circulation des véhicules et d’utilisation de ressources locales rendent nécessaire une information régulière des habitants concernés.
Les retombées à ce stade restent limitées par rapport à celles d’une mine en exploitation. Des emplois temporaires, des contrats logistiques et des achats de proximité peuvent néanmoins bénéficier à la région, à condition que les critères de recrutement et d’approvisionnement soient clairs. Si Atex avance vers des études plus poussées, la consultation devra porter sur les effets potentiels de l’eau, des terres et de l’environnement, ainsi que sur les mécanismes de suivi et de recours.
La prochaine échéance est la décision d’Australasian sur l’option. Si elle l’exerce, la société pourra poursuivre les travaux en tant qu’actionnaire majoritaire et opérateur potentiel, sous réserve des approbations nécessaires. Si elle y renonce, Firering devra chercher une autre voie pour financer la suite ou conserver le projet à un stade d’exploration.
Pour la Côte d’Ivoire, Atex représente une possibilité de renforcer le portefeuille de minéraux critiques, mais le projet demeure précoce. La préparation d’une campagne à la tarière est un premier pas vers de nouvelles données; elle ne constitue ni une découverte de ressource ni une décision de développement. La qualité de la prochaine phase se jugera à sa capacité à transformer des indices géologiques en une estimation vérifiable, puis à établir un scénario économique et environnemental crédible.
